Pré-écoute de l’album de Madonna – MDNA
Ce mercredi 21 mars, Madonnarama organisait une écoute exclusive de MDNA, le nouvel album de Madonna, au studio d’Universal. Et forcément, Madonna, on l’attend au tournant, car c’est son 12ème album, car les Lady Gaga et autres Katy Perry prennent de plus en plus de place dans la pop, car elle nous a habitué à tout.Alors que donne donc ce nouvel opus ? La reine de la pop peut-elle encore siéger dignement sur son trône si menacé ? Devant la concurrence, quelle direction pouvait donc prendre MDNA ?
Plusieurs indices nous ont déjà été donné en amont lors de la promotion de l’album. Trois objectifs étaient fixés à cet album : montrer que Madonna était toujours ‘dans le coup’ (en embauchant MIA, caution underground, et Nicki Minaj, caution populaire, pour le titre ‘Give Me All Your Luvin’), récupérer la cible homo trop tentée d’aller voir ailleurs (en tournant un clip résolument gay friendly pour le titre ‘Girl Gone Wild’, un aspect assez délaissé de la carrière de Madonna depuis 1994) et enfin montrer qu’elle était attendue, comme toute icône qui se respecte (par une stratégie marketing de dévoilement partiel des titres de l’album et un Superbowl qui lui ont valu de battre le record de précommandes d’album sur iTunes).
Retour gagnant, jusque là. Mais que vaut l’album dans sa totalité ? Passons les singles, vous les connaissez.
Après un ‘Girl Gone Wild‘ très punchy, l’album s’ouvre avec l’un des meilleurs titres de Madonna, ‘Gang Bang‘, qui prouve qu’elle sait encore faire des titres étonnants et puissants, à la construction progressive et violente. Une magie orchestrée par son vieil ami William Orbit.
‘I’m Addicted‘ poursuit dans la lignée très énergique du début d’album, avec un morceau très fourni qui fait écho à la référence à la drogue que représente la musique de Madonna, dont est tiré le nom de l’album (MDNA… MDMA…).
‘Turn Up The Radio‘, produit par Martin Solveig, est un des rares titres de l’album qui pourraient être chanté par n’importe qui d’autre, mais qui, grâce à la recette magique du Français, arrive à nous faire rester sur le dancefloor et à continuer à danser, sans se poser trop de questions.
S’en suit le désormais incontournable ‘Give Me All Your Luvin‘, hymne auto proclamé du cheerleading, un moyen efficace de récupérer le marché américain qui a souvent boudé la Madone.
Sur ‘Some Girls‘, le duo Madonna-William Orbit retrouve toute sa splendeur et toute sa folie que l’on lui connait : beaucoup de surprises et de prises de risques.
‘Superstar‘ a le seul mérite de ralentir un peu le rythme très prenant de ce début d’album. Enfin, on respire un peu, mais la faiblesse du morceau déçoit. Des paroles simples, tout comme la mélodie. L’ambition de l’album est totalement absente de ce titre.
Pourtant, arrive ‘I Don’t Give A‘, où l’on retrouve Nicki Minaj et Martin Solveig. Et là, surprise, on assiste à un mélange de l’uptempo de Confessions On A Dancefloor et de la street musique de Hard Candy, mélange subtil et habilement déguisé par Martin Solveig, qui se cache derrière une production moins évidente que celles qu’on lui connait. ‘There’s only one Queen, and that’s Madonna, bitch’. Si Nicki le dit… On y croit.
Madonna n’a pas envie de jouer les midinettes, et ‘I’m a Sinner‘ le prouve. Si William Orbit recycle ses idées développées dans Ray Of Light, Madonna réaffirme son ambiguité face à la religion.
‘Love Spent‘ ramène un peu d’amour dans ce disque. Mais pas vraiment. L’objectif est là de prouver que l’on fait trop souvent passer des désirs physiques avant les sentiments : hold me like your money… La construction du morceau est intéressante, on y retrouve des sonorités électroniques, du banjo, du violon…
L’album se calme nettement avec la ballade ‘Masterpiece‘, extraite de son film ‘W.E.’. Pas forcément un chef d’oeuvre, mais un titre qui a l’intérêt de rappeler que Madonna sait faire de belles et simples chansons d’amour.
Belle, la dernière ballade ‘Falling Free‘ l’est, simple, beaucoup moins. La voix de Madonna y est davantage mise en valeur que dans le reste de l’album. Si l’on a beaucoup dansé pendant l’album, cette fin ressemble à une remise en question : à quoi bon les strass et le dancefloor si l’on est pas heureux en amour ? Pas si simple, donc.
Au final, on a là un vrai aperçu de l’ADN de Madonna dans cet album : une femme d’âge mûr qui assume complètement son envie de profiter de la vie, de faire ce qu’elle veut, tout en continuant à se poser des questions sur ses relations personnelles et amoureuses. Un joli patchwork de l’ensemble de l’oeuvre de Madonna, en quelques sortes.

